Prendre soin de soi, ce n’est pas agréable

Halte aux idées reçues

État des lieux

Au moment des fêtes, ou des vacances, à la rentrée, ou à n’importe quel moment de l’année finalement, les magazines regorgent d’articles expliquant comment il est facile, rapide et simple de prendre soin de soi.

Il suffit d’aller aux thermes et de se relaxer ou chez le coiffeur pour une nouvelle coupe, de prendre un thé avec une amie ou d’aller marcher dans les bois, de lire un bon livre ou de prendre quelques jours de congé.

Je ne suis pas d’accord. Honnêtement. Je pense que prendre soin de soi, ce n’est pas juste un besoin d’aller chez le coiffeur ou de manger avec des amis.

Si c’était si simple, ça se saurait

Prendre soin de soi, ça consiste parfois à plonger dans les entrailles de nos habitudes et de nos réflexes, dans les méandres de nos croyances et de notre histoire et à se demander réellement ce qui est bon et ce qui est bien pour nous. Aujourd’hui.

Et ça, Nom de Dieu, ça sollicite et ça bouscule.

Ça soulève pas mal de questions. Et on n’aime généralement pas les réponses. Parce que souvent ça engendre du changement parfois non désiré et ça nous fait peur. On voudrait parfois que la situation soit différente mais sans rien changer.

Souvent, si on se retrouve à se poser ce genre de questions, c’est que ça fait un certain temps que l’on fonctionne d’une certaine manière. Et même si ça ne nous convient plus aujourd’hui, ça nous a convenu un jour, et c’est dur de passer à autre chose. Comme si on était pris dans un conflit de loyauté par rapport à nos choix antérieurs.

Souvent, j’entends dans mes consultations « Ok, donc en fait, ça fait 30 ans que je me plante ». Oui et non.

Prendre le temps de laisser fleurir

Se planter dans le sens de planter une graine pour devenir une fleur, un arbre ou ce qu’on a envie de devenir, oui.

Vivre c’est par essais/erreurs. C’est un jour oui, un jour non, un jour pourquoi pas puis on prend les mêmes, ou pas, et on recommence. Quel que soit le chemin que l’on choisit, vivre c’est le mouvement. C’est changer d’avis, de direction, de choix, de pensées, de croyances, d’habitudes.

Mais non, ça ne veut pas dire qu’avant on s’est trompé. Ca veut dire juste que l’on suit le chemin de la vie qui, comme dirait une personne qui m’est chère, est faite d’expansions et de contractions. La vie est faite de mouvements. Quand il n’y a plus aucun mouvement, c’est la mort.

Vous avez des enfants, vous êtes un papa/une maman comblé-e. Vous avez choisi de ne plus travailler pour vous consacrer à eux ou au contraire de continuer à travailler à temps plein tout en assumant ce magnifique job d’élever des schtroumpfs. Ne vous arrive-t-il jamais de vous arrêter, de vous sentir nostalgique et de vous demander ce qui se passerait si vous changiez l’écologie familiale ?

Vous avez travaillé dur pour obtenir un job, vous avez une longue carrière derrière vous et vous êtes à un poste haut placé, avec tous les avantages financiers, de sécurité, de reconnaissance que cela engendre, mais aussi toutes les contraintes d’horaires, d’heures supplémentaires, de créativité contrariée. Ne vous est-il jamais arrivé de vous poser la question de ce que seraient vos journées sans ce job ?

Vous avez choisi des études et vous en êtes presqu’au bout. Quatre ans que vous étudiez un truc dans lequel finalement vous ne vous retrouvez que très peu. Finalement, vous vous retrouvez face à la formation de vos rêves. Que faites-vous ?

Vos amis, vos croyances, votre famille, vos hobbys, vos engagements, tout peut y passer.

Dire NON

Vous voyez… Prendre soin de soi, ce n’est vraiment, mais alors là, vraiment pas agréable.

Ca ne veut pas dire que ce n’est pas nécessaire.

Parfois, et je l’espère le plus souvent, ça passera simplement par aller aux thermes ou chez le coiffeur, prendre un thé avec une amie ou aller marcher dans les bois, lire un bon livre ou prendre quelques jours de congé.

Mais parfois, ce sera plus long et plus confrontant.

Ça passera peut-être par apprendre à dire non.

 

 

Non pas au vendeur d’aspirateur, mais à quelqu’un à qui on n’a pas du tout envie de dire non. Quelqu’un qu’on aime dont les besoins à ce moment sont diamétralement opposés aux nôtres.

Pas simple de décevoir les attentes ou les désirs de quelqu’un qu’on aime. Ca nous coupe dans notre élan de contribution qui est souvent tourné vers les autres. On a peut-être peur alors de ne plus vraiment être aimé, ou d’être moins aimé ou de faire voler en éclats l’équilibre que l’on imagine inchangeable.

 

Plonger dans le passé

Ca passera peut-être par apaiser son passé.

Un passé que l’on croyait calme et tranquille mais qui finalement, après écoute attentive, vient quand même encore nous empêcher de tourner rond dans le présent. Un passé qui nous a construit et qui est parsemé de personnes à qui on tient, parfois maladroitement. Ca demande du courage pour replonger, la tête la première, pour questionner ce qui était selon nous, infaillible.

Accepter de déplaire

Ca passera peut-être par déplaire.

Et ça, définitivement, on n’aime pas. Je ne connais personne qui m’ait un jour dit : « j’adore déplaire ». J’entends plutôt : « on ne peut pas plaire à tout le monde et moi, je m’en fiche ».

Hum. Vraiment ? Genre vraiment, vraiment ?

Moi, je crois que quand on déplait, on est impuissant et que cette impuissance, elle est pas rigolote. Alors plutôt que de se la coltiner, on préfère y accorder moins d’importance, ça fait moins mal.

Bien sûr, plus on est ancré et moins le fait de déplaire nous touche. Mais quand même. Déplaire, c’est pas aussi excitant que de dévorer une tarte au citron ou un moêlleux au chocolat, si ?

Evidemment, je ne vous parle pas de déplaire à quelqu’un que vous ne connaissez pas. Non, non, je vous parle de déplaire à vos proches. De décevoir quelqu’un que vous aimez pour ne pas vous décevoir vous-même. Changer de priorité, de choix, d’orientation, de valeurs.

Et même déplaire aux gens que l’on ne connait pas n’est pas ultra marrant.

Je sais que je ne peux pas plaire à tout le monde, mais quand je m’en rends compte, ça ne me donne pas le sourire. Que ce soit parce que j’ai eu un comportement inapproprié ou parce que la personne en face de moi n’est pas contente avec qui je suis, j’essaye de prendre soin de moi avec bienveillance.

Merci les zamis

Et quand je n’y arrive pas, je passe le relais à mes proches.

Parce que ce n’est pas toujours facile. Personne ne dit qu’on doit s’y coller seul.

Nous sommes  et l’énergie qui circule entre nous nous nourrit et nous permet de sentir que nous sommes tous connectés.

Le seul chemin...

Ca passera peut-être par de gros efforts.

Changer son alimentation, son lieu de vie, ses horaires de travail, ses priorités.

Gagner moins et vivre mieux, travailler moins et profiter mieux, sortir moins et dormir mieux.

Ce n’est pas simple d’arrêter un projet parce qu’on est fatigué, un projet qui nous passionne, tout ça parce qu’on doit prendre soin de soi et dormir.

Ce n’est vraiment pas confortable de prendre soin de soi dans nos relations avec nos proches, quand ces-dites relations nous en demandent plus qu’on ne peut en donner.

Ce n’est pas facile de prendre soin de soi au travers de nos besoins primaires et de bien manger, bien boire, et bien dormir quand nous vivons dans une société aussi exigeante et intransigeante.

Ce n’est pas agréable de parfois moins prendre soin des autres pour mieux prendre soin de soi.

Et pourtant.

C’est quand même le seul chemin.

 

C’est la seule façon de vivre en paix avec soi-même, la seule façon de partager jour après jour l’élan de contribution que nous avons tous en nous sans basculer dans la position du sauveur qui nous serait fatale, la seule façon d’être en accord avec soi pour être mieux en accord avec les autres.

 

Si vous connaissez dans votre entourage des gens qui ont du mal à prendre soin d’eux, partagez cet article, ça les aidera peut-être à choisir leur chemin sans culpabiliser…

Je partage !

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