Detox ou pas detox

Un pavé dans la marre

État des lieux

Le problème des « pro detox » et de ses détracteurs est le même que dans chaque débat, transformer ou accentuer des arguments pour valider un point de vue. La réalité ne se situerait-elle pas juste au milieu ?

Bien que certains labos pharmaceutiques et pseudo-thérapeutes jouent la carte du marketing en vous refourguant une liste de produits onéreux à vous procurer, le concept de detox en soi mérite, selon moi, un peu de bienveillance.

Que nous disent les études ? Tout et son contraire, c’est le principe des études et de leurs sponsors. Alors qui croire ? Encore et toujours, votre corps.


La détox est-elle nécessaire pour tout le monde?

D’abord, il ne faudrait pas s’emmêler les pinceaux. Detox ne veut pas dire régime hypocalorique.

Evitons ensuite de transposer les réalités du siècle dernier. Notre mode de vie a changé, les conséquences aussi.

Et enfin, détoxifier sert à nettoyer les émonctoires surchargés de l’organisme afin qu’il puisse passer son temps, non pas à sortir les poubelles, mais plutôt à fonctionner de façon optimale, voire à réparer ce qui doit l’être.

Ceci étant dit, voyons plus en détails.

Selon le Larousse, une détoxification est une opération physico-chimique ou métabolique par laquelle un produit perd sa toxicité.

Pour certains, notre organisme pourrait faire ça tout seul comme un grand. Dans the Guardian, on peut lire : « Si votre corps n’était pas capable d’éliminer les toxines qui s’y accumulent, vous seriez très probablement mort ou très mal en point. Le corps sain a des reins, un foie, une peau et des poumons, qui vous détoxifient en permanence. Il n’existe aucun moyen connu – et certainement pas grâce aux traitements détox – de faire fonctionner mieux ce qui fonctionne déjà bien dans un corps sain ».

Certes. Mais la detox est aussi autre chose qu’une façon de ne pas mourir et ne s’applique pas vraiment à Monsieur Naturo qui mange déjà bio presque toute l’année, boit peu, ne fume pas et fait son footing trois fois par semaine.

Alors même si elle s’applique à tous ceux qui auraient tendance à forcer un peu sur le pousse-café et le dessert en regardant de leur sofa les joggeurs du dimanche, comment faire ça bien sans stresser son organisme ? Parce que changer son alimentation et/ou son mode de vie trop brutalement peut faire plus de mal que de bien.


Detox

La toxicité est la mesure de la capacité d’une substance à provoquer des effets néfastes et mauvais pour la santé ou la survie, qu’il s’agisse de la vitalité de l’entité ou d’une de ses parties (ex. : foie, rein, poumon, cœur, etc. chez l’animal) – Wikipedia.

On imagine aisément que dans notre quotidien, il y a mille et une raisons pour que l’organisme s’encrasse. Via l’air pollué, l’eau, les aliments pesticidés, l’abus de médicaments, l’alcool, le sucre raffiné, les produits d’entretien et de soin du corps que nous utilisons chaque jour, le stress, notre mode de vie et le fonctionnement même de l’organisme que l’on pousse parfois à bout.

Détoxifier l’organisme, c’est donc, quand c’est nécessaire, nettoyer ses principaux émonctoires surchargés, c’est à dire les voies d’élimination de ses déchets : les intestins, le foie, les reins (ainsi que les poumons et la peau), afin qu’il fonctionne mieux et répare ce qui doit l’être.


Les émonctoires

L’intestin est le lieu d’absorption des nutriments apportés par notre alimentation mais c’est aussi la principale porte d’entrée des toxines. Si les nutriments, pour être utilisés, doivent traverser la barrière intestinale, celle-ci doit être assez étanche pour ne pas laisser passer les toxines exogènes. Malmenés par une alimentation agressive moderne, les intestins sont aujourd’hui fragilisés et la première source d’intoxication. Si vous voulez plus de détails, je vous invite à relire mon post sur le leaky gut syndrome.

Après l’intestin, les molécules sont acheminées vers le foie. Quand le foie fonctionne normalement, que les nutriments dont il a besoin pour bosser sont apportés en suffisance et que les toxines ne sont pas trop importantes, le travail se fait facilement et normalement. Les différentes toxines sont alors extraites des cellules graisseuses et transformées en produits hydrosolubles menés vers les reins. Quand il fait son boulot, le foie crée une quantité importante de radicaux libres, ce qui veut dire qu’on a besoin de pas mal d’antioxydants pour les neutraliser.

Quand ce n’est pas le cas, le foie est débordé et n’arrive plus à dégrader toutes les molécules qui passent alors telles quelles dans la circulation. A ce moment peuvent apparaître certains troubles comme des allergies cutanées, une plus grande fatigue, une sur-efficacité de certains médicaments etc.

Le rein s’occupe de l’élimination finale des toxines neutralisées via les urines. Pour cela, il faut évidemment boire suffisamment. De l’eau on a dit.

La peau est une double voie d’élimination puisqu’elle élimine la sueur par les glandes sudoripares et le sébum par les glandes sébacées. Vu sa superficie, elle libère l’organisme d’une masse importante de toxines. Bouger et s’oxygéner enclenche le mécanisme.

Les poumons éliminent principalement les déchets gazeux.


Alors detox ou pas detox ? Si vous dormez 8h par nuit, que vous mangez raisonnablement en axant sur les végétaux, buvez peu d’alcool mais assez d’eau, ne fumez pas, faites de l’exercice régulièrement…

A priori, pas besoin de detox.

Sinon, rééquilibrer et réorganiser ses habitudes n’est peut-être pas un luxe… Reste plus qu’à enfoncer des portes ouvertes mais un p’tit rappel ne fait jamais de mal…

Privilégier une alimentation hypotoxique, riche en fruits et légumes frais issus de l’agriculture biologique ou raisonnée de qualité (pour limiter les pesticides de synthèse) est un must.

A cela, on ajoute des huiles bios de première pression à froid, du beurre de lait cru, et on équilibre les sources de protéines végétales et animales.

N’essayez pas de faire mieux que bien en supprimant les graisses. Quand elles sont crues (vierges et originelles), elles sont fondamentales au fonctionnement de notre organisme.

On est attentif aux cuissons, de préférence douces et courtes pour préserver les nutriments et éviter la production de toxines supplémentaires.

On évite bien entendu les plats préparés et les produits transformés, souvent plein d’additifs et de colorants.

Boire de l’eau (sous toutes ses formes : eau minérale, tisanes, thés, bouillons) permet d’évacuer ce qui doit l’être.

Les exercices réguliers favorisent le fonctionnement intestinal, oxygènent les muscles et évacuent le stress.

Comme dans tout ce qui touche l’alimentation et le corps, les solutions ne sont pas les mêmes pour tous. Certains organismes, fatigués par des maladies chroniques, devront être plus attentifs que d’autres, plus robustes.

Le danger de la detox serait de se dire que si on détoxifie deux fois par an, on a alors la possibilité de faire ce que l’on veut le reste de l’année. Grave erreur. Si détoxifier veut dire remplacer une alimentation industrielle et déséquilibrée par des produits riches en nutriments et en légumes, on a tout bon. Si c’est imaginer un régime de 7 jours pour faire n’importe quoi le reste de l’année, bof.

L’idée n’est pas de réparer en une semaine un an de travers comportementaux et alimentaires mais de comprendre que plus nous malmenons notre corps, moins il fonctionnera bien. Un mode vie sain se substitue donc à la cure detox, CQFD.

Si on fait le résumé de toute cette tartine ?

Mangez sain, bougez, équilibrez, limitez l’alcool et autres excitants, soyez attentifs à écouter votre soif et on se revoit en janvier prochain !

Je partage !

Laissez votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *